Un abattement de 10% actuellement plafonné à 4.439 €
Instauré en 1977 pour compenser l’impossibilité pour les retraités de déduire des frais professionnels, l’abattement de 10% sur les pensions est prévu à l’article 158, 5° a, du code général des impôts. Il s’applique automatiquement sur le montant des pensions et retraites déclarées, dans la limite d’un plancher de 454 € et d’un plafond de 4.439 € par foyer fiscal pour les revenus 2025 déclarés en 2026.
Concrètement, un retraité percevant 30.000 € de pensions annuelles n’est imposé que sur 27.000 €. Les foyers dont les pensions dépassent 44.390 € par an sont déjà plafonnés : leur abattement est limité à 4.439 €, quel que soit le montant de leurs pensions.
Une mesure déjà votée par le Sénat en 2025, abandonnée en CMP
Dans le PLF 2026 initial, le gouvernement avait proposé de remplacer l’abattement de 10% par un forfait de 2.000 € par retraité. Votée en première lecture, cette disposition avait ensuite été supprimée lors de la navette parlementaire.
Le Sénat, de majorité de droite, avait alors adopté un amendement prévoyant le maintien de l’abattement de 10%, mais avec un plafond abaissé à 3.000 €. Faute d’accord en commission mixte paritaire (CMP) sur cette mesure, l’amendement avait finalement été abandonné, et l’abattement de 10% maintenu en l’état dans la loi de finances définitive pour 2026.
Selon Les Echos, c’est exactement cette mesure sénatoriale qui intégrerait le PLF 2027 qui sera présenté en Conseil des ministres le 1er octobre 2026. Le gouvernement table sur un gain de recettes d’environ 1,4 milliard d’euros grâce à l’abaissement du plafond de 4.439 € à 3.000 €.
Une contribution ciblée sur les retraités aux revenus les plus élevés
La limitation du plafond de l’abattement concernerait principalement les trois déciles de revenus les plus riches parmi les retraités, selon les éléments rapportés par la presse économique. Les foyers aux pensions modestes, déjà sous le seuil de 3.000 € d’abattement, ne seraient pas impactés.
À titre d’illustration, un foyer percevant 50.000 € de pensions annuelles bénéficie aujourd’hui d’un abattement maximal de 4.439 €. Avec un plafond à 3.000 €, son assiette imposable augmenterait de 1.439 €, ce qui, à une TMI (tranche marginale d’imposition) de 30%, se traduirait par un surcoût d’impôt d’environ 432 € par an.
Cette mesure, présentée comme « ciblée » et « juste », pourrait trouver un écho positif à gauche, dans la mesure où elle ferait essentiellement contribuer à la charge des retraités aux revenus les plus élevés, tout en préservant le principe de l’abattement de 10% pour les autres.