Une trajectoire budgétaire sous tension
Le gouvernement table sur une croissance de 0,5% en 2026, après 0,9% en 2025, puis de 1% en 2027. L’inflation atteindrait 2,1% en moyenne cette année avant de diminuer à 1,8% l’an prochain. Le déficit public, révisé à 5,4% du PIB en 2026, serait ramené à 5% en 2027, au prix d’un effort global de 54 milliards €.
La dette publique continuerait toutefois de progresser, passant de 119,3% du PIB en 2026 à 121,7% en 2027. La charge des intérêts atteindrait 91,2 milliards d’euros, contre 79,2 milliards en 2026. Le redressement reposerait prioritairement sur la maîtrise des dépenses, avec une baisse de la part des dépenses publiques dans le PIB, de 57,1% à 56,9%.
Une stabilité fiscale affichée
Le gouvernement revendique l’absence de hausse générale des principaux impôts. Le PLF prévoit notamment les mesures suivantes :
- Le barème de l’impôt sur le revenu serait revalorisé en fonction de l’inflation afin d’éviter une hausse mécanique de l’imposition pour environ 20 millions de foyers. Le dossier ne précise toutefois pas encore les nouveaux montants des tranches : ceux-ci devront être confirmés dans le texte déposé.
- La réduction de 30 % de la surtaxe d’impôt sur les sociétés applicable aux grandes entreprises, afin de confirmer son caractère temporaire.
- Le crédit d’impôt recherche et le pacte Dutreil seraient préservés.
- Le crédit d’impôt en faveur des investissements dans l’industrie verte serait, quant à lui, étendu aux réseaux électriques, au solaire thermique, aux batteries pour véhicules électriques et aux aimants permanents.
- Une déduction exceptionnelle temporaire viserait aussi certains investissements liés à l’industrie 4.0, notamment la robotique, l’impression 3D et l’intelligence artificielle générative.
Retraités, entreprises et nouvelles contributions
La principale évolution concernant les retraités figure dans le PLFSS. L’abattement de 10 % pour frais professionnels serait maintenu, mais plafonné à 3 000 € par foyer fiscal, contre 4 439 € actuellement. Le gouvernement estime que cette mesure réduirait d’environ un quart le coût de cette dépense fiscale.
Le dossier annonce aussi un rapprochement du régime fiscal et social des indemnités de rupture, avec un plafonnement des exonérations autour de 50 000 €, ainsi qu’une fiscalisation des indemnités journalières liées aux accidents du travail et aux maladies professionnelles.
Une extension de la taxe sur les boissons sucrées aux produits solides ultra-transformés est également prévue. Enfin, une contribution sur la mise à la consommation de kérosène financerait le développement des carburants d’aviation de synthèse, sans rendement net annoncé pour le budget de l’État.
Ces mesures devront encore être précisées, discutées et éventuellement modifiées au Parlement. Le gouvernement évoque d’ailleurs un budget « réversible », dans une année marquée par les élections présidentielles et législatives.
Source : https://www.budget.gouv.fr/documentation/documents-budgetaires/exercice-2027/PLF2027