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PLF 2027 : un amendement supprimerait l'obligation de facturation électronique pour les micro-entrepreneurs et autres non-assujettis

Deux mois après l’entrée en vigueur de la première étape de la facturation électronique obligatoire, la réforme est contestée jusque dans l’hémicycle. Lors de l’examen de la première partie du PLF 2027, l’Assemblée nationale a adopté deux amendements identiques supprimant cette obligation pour les non-assujettis. Les micro-entrepreneurs bénéficiant de la franchise en base seraient surtout concernés. Ces mesures restent soumises au vote de la première partie et à la navette.

Rédigé par Damien PEAN

Titulaire d'un DESCF (diplôme d'études supérieures comptables et financières, BAC+5), Damien Péan intervient depuis 15 ans en tant que formateur dans les domaines de la comptabilité, de la fiscalité, du contrôle de gestion et de l'analyse financière. Il s'adresse autant à des étudiants et à des publics non-initiés, qu'à des professionnels confirmés pour des formations courtes ou longues.
Il collabore en parallèle depuis 10 ans à l'écriture de nombreux articles et fiches pratiques et autres outils de gestion pour le site legifiscal.fr

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  • Livre « Comprendre les comptes annuels » (Gereso, 5e édition, 2022)
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Une réforme complexe, entrée en vigueur le 1er septembre 2026

La généralisation de la facturation électronique entre assujettis à la TVA repose sur trois obligations :

  • la réception des factures électroniques, imposée à toutes les entreprises depuis le 1er septembre 2026 ;
  • l’émission de ces factures, obligatoire depuis cette date pour les grandes entreprises et les ETI, et à compter du 1er septembre 2027 pour les PME et micro-entreprises ;
  • la transmission de données à l’administration (e-reporting) pour les opérations avec des particuliers ou à l’international, ainsi que pour les données de paiement.

Ces échanges passent obligatoirement par une plateforme agréée, de droit privé et le plus souvent payante. Il y en a actuellement plus de 150. L’État a en outre renoncé en octobre 2024 à développer un portail public gratuit. Pour les plus petites structures, l’obligation se traduit donc par un abonnement, un paramétrage et une adaptation des process comptables.

Les amendements DR : dispenser ceux qui ne récupèrent pas la TVA

Les amendements identiques I-1729 (Gosselin) et I-2894 (Rolland), du groupe Droite républicaine, visent une incohérence. Les assujettis qui ne collectent pas la TVA doivent s’équiper pour recevoir des factures dont ils ne déduisent aucune taxe. Sont notamment concernés :

  • les micro-entrepreneurs et artisans en franchise en base ;
  • les bailleurs de locaux nus ;
  • certaines professions de santé, dont l’activité est exonérée sans droit à déduction.

À compter du 1er janvier 2027, ces clients ne seraient plus tenus de recevoir leurs factures par une plateforme agréée. Le contrôle ne serait pas affaibli : le fournisseur transmettrait à l’administration, via sa propre plateforme, les données essentielles de la facture. Ce sont l’identité des parties, le numéro, la date, le montant hors taxe et la TVA par taux, comme pour un client établi hors de France. La directive (UE) 2025/516 du 11 mars 2025 laisse cette marge aux États membres.

Source : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/amendements/3210A/AN/1729

L’amendement LFI : un moratoire pour les PME et les agriculteurs

L’amendement I-3426 (Hignet, LFI) va beaucoup plus loin. Il compléterait le calendrier de la réforme (art. 26, III de la loi de 2022) pour écarter l’ensemble des obligations de facturation électronique et d’e-reporting :

  • pour les micro-entreprises et PME au sens de la loi du 4 août 2008, c’est-à-dire moins de 250 salariés et au plus 50 M€ de chiffre d’affaires ;
  • pour les exploitants agricoles.

Ses auteurs plaident pour un moratoire tant qu’aucun portail public gratuit n’aura été déployé. En pratique, la réforme serait réservée aux grandes entreprises et aux ETI. Cet amendement perdrait une partie de son intérêt dans la lutte contre la fraude à la TVA, ce qui laisse présager une forte opposition du Gouvernement au Sénat.

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