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PLF 2027 rejeté à l'Assemblée : ces amendements qui pourraient revenir au Sénat

Le 4 novembre au soir, l’Assemblée nationale a rejeté la première partie du projet de loi de finances pour 2027 par 458 voix contre 0. La partie dépenses n’a donc pas été examinée et le texte transmis au Sénat est le texte initial du Gouvernement. Les centaines d’amendements adoptés par les députés depuis le 13 octobre tombent tous. Selon le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, le texte issu des débats aurait porté le déficit de l’État à 177,1 Md€. Les sénateurs examineront le PLF en séance à partir du 20 novembre, avec un vote solennel prévu le 9 décembre, avant une commission mixte paritaire mi-décembre. Plusieurs mesures votées à l’Assemblée devraient y être redéposées. Voici celles qui, selon nous, ont le plus de chances de revenir dans le débat.

Rédigé par Damien PEAN

Titulaire d'un DESCF (diplôme d'études supérieures comptables et financières, BAC+5), Damien Péan intervient depuis 15 ans en tant que formateur dans les domaines de la comptabilité, de la fiscalité, du contrôle de gestion et de l'analyse financière. Il s'adresse autant à des étudiants et à des publics non-initiés, qu'à des professionnels confirmés pour des formations courtes ou longues.
Il collabore en parallèle depuis 10 ans à l'écriture de nombreux articles et fiches pratiques et autres outils de gestion pour le site legifiscal.fr

Bibliographie

  • Livre « Comprendre les comptes annuels » (Gereso, 5e édition, 2022)
3 min de lecture

Fiscalité des entreprises

  • Contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises : les députés avaient supprimé, par 79 voix contre 77, la reconduction de la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises (art. 15, environ 5 Md€) ainsi que celle des armateurs (I-69 et identiques). L’enjeu budgétaire rend une suppression pure et simple peu probable, mais un nouvel abaissement des taux reste possible.
  • Suramortissement « industrie 4.0 » (nouvel art. 39 decies H) : il avait été étendu aux logiciels et équipements d’intelligence artificielle (I-3654 et identiques) et aux outils de cybersécurité (I-522, I-2277). Ces extensions consensuelles ont de bonnes chances d’être reprises.
  • Innovation :
    • jeunes entreprises innovantes : seuil de R&D ramené à 15 % et durée portée à 12 ans pour les JEIR (I-1382, I-2633, I-1372) ;
    • CIR : dispositif « jeune docteur » rétabli (I-3658) ;
    • crédit d’impôt innovation : ouverture aux ETI (I-3659).
  • Transmission :
    • apport-cession : réécriture de la réforme par le rapporteur général, avec la succession hors champ et une donation taxée seulement en cas de cession dans les 8 ans (I-3089) ;
    • pacte Papin : assouplissements, dont une reprise par une société majoritairement détenue par des salariés (I-3881) ;
  • Facturation électronique : les assujettis qui ne collectent pas la TVA auraient été dispensés de l’obligation de réception via une plateforme agréée (I-1729, I-2894). Le moratoire voté pour les PME et les exploitants agricoles (I-3426) tombe, et les obligations en vigueur restent donc applicables.

Patrimoine et immobilier

  • LMNP : le plafonnement des amortissements à 2,5 % et 7 000 € par an (art. 7) avait été supprimé (I-96, I-114, I-116). Ce plafonnement figure de nouveau dans le texte transmis au Sénat, qui devrait débattre de sa suppression.
  • Actionnariat salarié :
    • sursis d’imposition sur l’apport d’actions gratuites à une holding de salariés (I-3652) ;
    • plafond du PEA-PME porté à 300 000 € (I-1398).
  • Donations : l’exonération temporaire de l’article 4 avait été prolongée jusqu’au 31 décembre 2027 (I-208 et identiques).
  • Location nue et PTZ :
    • micro-foncier relevé (I-3911) et amortissement « Jeanbrun » renforcé (I-1154) ;
    • PTZ prolongé jusqu’en 2030 et élargi (I-1529, I-3195).

Agriculture

    • suramortissement des « projets d’avenir agricole » porté à 50 % (I-200) ;
    • plafond de la déduction pour épargne de précaution relevé à 250 000 € (I-438) ;
    • seuil du réel simplifié agricole porté à 600 000 € (I-1012).

Les mesures qui ont peu de chances de revenir

Les mesures les plus offensives suivantes devraient avoir peu de chance d’être adoptées au Sénat et reprises dans le texte final :

  • l’exit tax portée à 15 ans (I-462 et identiques) ;
  • la taxe de 10 % sur les rachats d’actions (I-1387) ;
  • la contribution sur les « superdividendes » (I-3944) ;
  • l’imposition des multinationales selon leur chiffre d’affaires réalisé en France (I-3945) ;
  • l’extension de la taxe sur les holdings à la trésorerie dormante (I-3807) ;
  • la TVA à taux zéro sur les produits de première nécessité (I-641, I-1039).
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