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Contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises : les députés suppriment sa reconduction en 2027

Par 79 voix contre 77, l’Assemblée nationale a supprimé le 27 octobre l’article 15 du PLF 2027. Cet article prévoyait de reconduire pour un troisième exercice la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises, avec un rendement attendu d’environ 5 Md€. Ce vote, très serré, prend le Gouvernement à contre-pied.

Rédigé par Damien PEAN

Titulaire d'un DESCF (diplôme d'études supérieures comptables et financières, BAC+5), Damien Péan intervient depuis 15 ans en tant que formateur dans les domaines de la comptabilité, de la fiscalité, du contrôle de gestion et de l'analyse financière. Il s'adresse autant à des étudiants et à des publics non-initiés, qu'à des professionnels confirmés pour des formations courtes ou longues.
Il collabore en parallèle depuis 10 ans à l'écriture de nombreux articles et fiches pratiques et autres outils de gestion pour le site legifiscal.fr

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Ce que prévoyait l’article 15

La contribution exceptionnelle sur les bénéfices a été créée par la loi de finances pour 2025 (art. 48) pour les entreprises réalisant au moins 1 Md€ de chiffre d’affaires. Elle a été reconduite en 2026, avec un seuil relevé à 1,5 Md€. Pour 2027, le Gouvernement proposait de la maintenir à des taux réduits d’environ un quart :

  • 15,7 % de l’IS entre 1,5 et 3 Md€ de chiffre d’affaires, contre 20,6 % auparavant ;
  • 31,4 % au-delà de 3 Md€, contre 41,2 % auparavant.

L’article 15 rétablissait aussi, pour l’exercice 2026, la contribution exceptionnelle des grandes entreprises de transport maritime, au taux de 8 % du résultat d’exploitation. Elle avait été créée pour un seul exercice en 2025 et n’avait pas été reconduite en 2026.

Une suppression transpartisane

Six amendements identiques de suppression ont été adoptés :

  • I-69 (Grenon, non-inscrit) ;
  • I-563 (Sitzenstuhl, EPR) ;
  • I-648 (Tanguy, RN) ;
  • I-944 (Ciotti, UDR) ;
  • I-1009 (Le Fur, DR) ;
  • I-1326 (Félicie Gérard, Horizons).

Leurs auteurs dénoncent une contribution « exceptionnelle » devenue récurrente, qui nuit à la prévisibilité fiscale et à l’investissement. Ils rappellent que le taux de prélèvements obligatoires atteindrait 44,2 % du PIB en 2027. Pour les armateurs, ils critiquent une imposition rétroactive sur un exercice presque achevé.

Quelles conséquences pour les grandes entreprises ?

À ce stade, les grandes entreprises ne paieraient pas de contribution exceptionnelle au titre de 2027, et les armateurs échapperaient à celle de 2026. Le manque à gagner, de l’ordre de 5 Md€, devra toutefois être assumé dans la suite de l'examen parlementaire ; l'objectif gouvernemental étant de limiter le déficit à 5% du PIB. Le Gouvernement pourrait chercher à réintroduire la mesure au Sénat, en commission mixte paritaire ou par une seconde délibération. Les entreprises concernées doivent donc rester prudentes dans leurs prévisions d’IS.

Source : PLF 2027, amendements Assemblée nationale

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