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Prélèvements obligatoires : la France redevient championne de l'UE en 2025 avec 46 % du PIB

Selon les données publiées par Eurostat le 28 octobre 2026, le total des impôts et cotisations sociales a atteint 46,0 % du PIB en France en 2025, contre 45,1 % en 2024. La France reprend ainsi la première place de l’Union européenne, devant le Danemark (45,1 %) et la Belgique (44,7 %), alors qu’elle n’était que troisième en 2024 selon les données révisées. Le ratio moyen de l’UE progresse de 40,2 % à 40,7 % du PIB (Eurostat, base de données gov_10a_taxag, mise à jour du 28 octobre 2026).

Rédigé par Damien PEAN

Titulaire d'un DESCF (diplôme d'études supérieures comptables et financières, BAC+5), Damien Péan intervient depuis 15 ans en tant que formateur dans les domaines de la comptabilité, de la fiscalité, du contrôle de gestion et de l'analyse financière. Il s'adresse autant à des étudiants et à des publics non-initiés, qu'à des professionnels confirmés pour des formations courtes ou longues.
Il collabore en parallèle depuis 10 ans à l'écriture de nombreux articles et fiches pratiques et autres outils de gestion pour le site legifiscal.fr

Bibliographie

  • Livre « Comprendre les comptes annuels » (Gereso, 5e édition, 2022)
3 min de lecture

Le classement 2025 des 27 États membres

Recettes fiscales et sociales en % du PIB (source : Eurostat, gov_10a_taxag) :

Rang État membre 2025 (% du PIB) 2024 (% du PIB) Évolution (points)
1 France 46,0 45,1 +0,9
2 Danemark 45,1 45,5 -0,4
3 Belgique (*) 44,7 45,2 -0,5
4 Autriche 43,9 43,3 +0,6
5 Italie 43,0 42,3 +0,7
6 Finlande 42,5 42,3 +0,2
7 Luxembourg 42,2 42,5 -0,3
8 Allemagne (*) 41,4 40,3 +1,1
9 Grèce 41,3 41,6 -0,3
10 Suède 41,2 41,8 -0,6
11 Pays-Bas 39,6 39,7 -0,1
12 Slovénie 39,1 38,8 +0,3
13 Croatie 38,9 38,0 +0,9
14 Espagne 38,1 37,2 +0,9
15 Pologne 37,6 37,4 +0,2
16 Portugal 37,1 36,9 +0,2
17 Estonie 36,6 36,1 +0,5
18 Chypre 36,3 36,0 +0,3
19 Slovaquie 36,1 35,5 +0,6
20 Hongrie 35,4 35,3 +0,1
21 Tchéquie 35,2 35,3 -0,1
22 Lettonie 34,2 34,9 -0,7
23 Lituanie 33,8 33,0 +0,8
24 Bulgarie 30,6 30,3 +0,3
25 Malte 30,3 29,3 +1,0
26 Roumanie 29,3 28,7 +0,6
27 Irlande 22,7 22,6 +0,1
Moyenne UE (27) 40,7 40,2 +0,5
Zone euro (20) 41,3 40,7 +0,6

(*) Données provisoires.

Ce que montrent les chiffres d’Eurostat

Le ratio progresse dans 19 États membres et recule dans 8 (Danemark, Belgique, Luxembourg, Grèce, Suède, Pays-Bas, Tchéquie, Lettonie). Les plus fortes hausses concernent l’Allemagne (+1,1 point), Malte (+1,0 point), puis la France, la Croatie et l’Espagne (+0,9 point chacune). L’écart entre le pays le plus taxé (France) et le moins taxé (Irlande, dont le PIB est gonflé par les multinationales) atteint 23,3 points.

L’indicateur retenu par Eurostat, établi selon le système européen des comptes (SEC 2010), agrège impôts sur la production et les importations, impôts courants sur le revenu et le patrimoine, impôts en capital et cotisations sociales nettes, y compris les cotisations sociales imputées. Ces dernières (opération D.612 du SEC 2010) ne correspondent à aucun versement effectif : elles représentent la contrepartie des prestations sociales que l’employeur verse directement à ses salariés ou anciens salariés, sans passer par une caisse. En France, il s’agit pour l’essentiel des pensions des fonctionnaires de l’État, pour lesquelles les comptables nationaux imputent une cotisation « employeur » ; Eurostat les évalue à 1,8 % du PIB en 2025. L’indicateur européen est donc plus large que le taux de prélèvements obligatoires calculé par l’Insee, qui exclut ces cotisations fictives : 43,6 % du PIB pour 2025 au sens national. Pour la France, Eurostat chiffre en 2025 les cotisations sociales nettes à 16,7 % du PIB, les impôts sur la production (dont TVA à 7,0 %) à 15,8 % et les impôts courants sur le revenu et le patrimoine à 13,0 %.

Pourquoi la France repasse en tête

Trois facteurs se combinent. D’abord, la loi de finances pour 2025 (loi n° 2025-127 du 14 février 2025) a mis fin à plusieurs années de baisses de prélèvements : contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises, contribution différentielle sur les hauts revenus (CGI, art. 224), hausse de la taxe de solidarité sur les billets d’avion (CGI, art. 302 bis K) et relèvement de la fiscalité de l’énergie. Le Haut Conseil des finances publiques chiffrait à près de 23 Md€ le surcroît de recettes attendu.

Ensuite, l’effet dénominateur : avec une croissance de 0,8 % en 2025, contre 2,9 % au Danemark selon la presse, la hausse des recettes pèse mécaniquement plus lourd rapportée au PIB. Enfin, les deux pays qui devançaient la France ont vu leur ratio reculer (-0,4 point au Danemark, -0,5 point en Belgique).

La tendance devrait se prolonger : le gouvernement anticipe un taux de prélèvements obligatoires de 43,9 % en 2026 puis 44,2 % en 2027 au sens national.

Source : Eurostat, base de données « Main national accounts tax aggregates » (gov_10a_taxag), mise à jour du 28 octobre 2026

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