Une gratuité devenue exception
Les CPGE, ou « prépas », préparent en deux ans aux concours des grandes écoles d'ingénieurs, de commerce ou aux écoles normales supérieures. Les STS conduisent en 2 ans au BTS, diplôme professionnel. Toutes deux sont dispensées au lycée, et leurs élèves, contrairement aux étudiants d'université, ne paient aujourd'hui aucun droit d'inscription.
Le Gouvernement justifie la réforme par le coût de ces formations pour l'État : en moyenne 19.000 € par étudiant et par an en CPGE et 17.000 € en STS, contre 12.500 € à l’université. Les droits proposés représenteraient moins de 1,5 % de ce coût. Ils resteraient ainsi « modiques », au sens de la décision du Conseil constitutionnel du 11 octobre 2019 qui encadre les droits d’inscription dans l’enseignement supérieur public.
Combien paieront les familles ?
Les droits s’appliqueraient dans les lycées publics comme dans les lycées privés sous contrat :
- 270 € par an en CPGE ;
- 178 € par an en STSsoit le même montant qu’en licence à l’université.
Ces montants seraient revalorisés chaque année en fonction de l’inflation. Le paiement s’effectuerait en ligne lors de l’inscription, et la recette reviendrait au budget de l’État.
En CPGE publique, ces droits s’ajouteraient aux droits universitaires déjà dus, puisque l’élève doit aussi s’inscrire dans une université partenaire. Dans le privé sous contrat, ils s’ajouteraient aux frais éventuellement demandés par l’établissement.
| Formation | Droits annuels (PLF 2027) | Coût sur deux ans |
| Classe préparatoire (CPGE) | 270 € | 540 €, hors revalorisation |
| BTS (STS) | 178 € | 356 €, hors revalorisation |
Des exonérations pour les familles modestes
Seraient exonérés :
- les étudiants boursiers de l'enseignement supérieur ;
- les bénéficiaires de l'aide annuelle aux étudiants en difficulté ;
- les pupilles de la Nation et de la République ;
- les réfugiés, bénéficiaires de la protection subsidiaire et demandeurs d'asile.
Selon le Gouvernement, plus d'un étudiant de STS sur deux et un étudiant de CPGE sur quatre ne paieraient rien. Environ 304.000 jeunes sont concernés : 87.000 en CPGE et 217.000 en STS.
Pour les parents, la réduction d'impôt pour frais de scolarité de 183 € par enfant dans l'enseignement supérieur reste forfaitaire. Elle ne tient donc pas compte de ces nouveaux droits. La date d'entrée en vigueur n'est pas précisée par le texte : une première application à la rentrée 2027 paraît la plus probable.