Aide à la création d'entreprise : dispositif ACRE
Conditions à remplir par le bénéficiaire
Peuvent bénéficier des exonérations ACCRE (ACRE désormais) de manière générale, les personnes au chômage ou de conditions modestes. Ainsi, sont notamment concernés, les demandeurs d’emploi indemnisés ou indemnisables, les bénéficiaires du RSA, les jeunes de 18 à 25 ans.
Extrait www.urssaf.fr, législation en ligne, les aides et exonérations du chef d’entreprise
- Les conditions à remplir par le bénéficiaireL’Accre vous concerne si vous êtes repreneur ou créateur d’entreprise :
- Demandeur d’emploi indemnisé,
- Demandeur d’emploi indemnisable : personne remplissant les conditions pour bénéficier de l’allocation d’assurance chômage ou de l’allocation prévue en cas de convention de reclassement,
- Demandeur d’emploi non indemnisé inscrit à Pôle Emploi six mois au cours des dix-huit derniers mois,
- Bénéficiaire du Revenu de Solidarité Active, du Revenu Minimum d’Insertion, de l’Allocation de Solidarité Spécifique ou certaines catégories de bénéficiaires de l’Allocation Temporaire d’Attente,
- Jeune de 18 à 25 ans révolus,
- Personne de moins de 30 ans non indemnisée (durée d’activité insuffisante pour l’ouverture de droits) ou reconnue handicapée,
- Salarié ou personne licenciée d’une entreprise en redressement ou en liquidation judiciaire qui reprend l’activité de l’entreprise : l’entreprise est soumise à l’une des procédures de sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaires et le salarié ou la personne licenciée reprend tout ou partie de cette entreprise en s’engageant à investir en capital la totalité des aides et à réunir des apports complémentaires en capital au moins égaux à la moitié des aides accordées,
- Les personnes qui remplissent l’une des conditions visées ci-dessus et qui ont conclu un contrat d’appui au projet d’entreprise (CAPE) pour la création ou la reprise d’une activité économique,
- Personne créant une entreprise implantée au sein d’une zone urbaine sensible,
- Bénéficiaire du complément de libre choix d’activité.
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018 a prévu l'extension des exonnérations de cotisations ACCRE à l'ensemble des créateurs d'entreprise pour l'année 2019. On parle désormais d'ACRE (aide à la création ou à la reprise d'entrepirse). Cette disposition n'a pas été reprise en 2020 et pour les années suivantes. Les conditions exposées ci-dessus continuent de s'appliquer.
Conditions à remplir liées à la nature de l’activité créée ou reprise
Les créateurs ou repreneurs d’entreprise peuvent bénéficier de l’ACRE pour tout type d’activité (artisanale, commerciale, industrielle, libérale, agricole), qu’elle soit exercée sous le statut d’entreprise individuelle ou de société.
Les activités exercées sous le statut d’association sont notamment exclues du bénéfice de l’ACRE.
Lorsque l’activité est exercée en société, pour bénéficier de l’ACRE, la personne concernée doit en détenir le contrôle c’est-à-dire plus de 50% du capital, seule ou avec le conjoint ou partenaire de PACS et les ascendants et descendants. D’autres situations permettent de justifier de la condition de contrôle.
Extrait www.urssaf.fr, législation en ligne, les aides et exonérations du chef d’entreprise
Sont considérés comme remplissant la condition de contrôle effectif de l'entreprise créée ou reprise lorsqu'elle est constituée sous la forme de société :
- le demandeur qui détient, personnellement ou avec son conjoint, son partenaire lié par un PACS ou son concubin, ses ascendants et descendants, plus de 50% du capital de la société, sans que sa part personnelle puisse être inférieure à 35 % de celui-ci ;
- le demandeur qui a la qualité de dirigeant de la société et qui détient, personnellement ou avec son conjoint, son partenaire lié par un PACS, ses ascendants et descendants, au moins un tiers du capital de celle-ci (sans que sa part personnelle puisse être inférieure à 25 %) et sous réserve qu'aucun autre actionnaire ou porteur de parts (hors conjoint, partenaire lié par un PACS, ascendants et descendants) ne détienne pas directement ou indirectement plus de la moitié du capital ;
Plusieurs personnes peuvent obtenir l’aide pour un seul et même projet, à condition :
- de détenir ensemble plus de 50 % du capital ;
- que l’une (ou plusieurs) d’entre elles ait la qualité de dirigeant ;
- que chaque demandeur détienne une part du capital au moins égal à 1/10e de la part détenue par le principal actionnaire ou porteur de parts.
Ces conditions sont cumulatives.
Le bénéfice des avantages est retiré lorsque la condition de contrôle effectif cesse d'être remplie dans les deux ans suivant la création ou la reprise.
Le montant de l’exonération ACCRE
Créations et reprises d'entreprises intervenues avant le 1er janvier 2017
Le créateur ou repreneur bénéficie d’une exonération pendant 12 mois de certaines cotisations sociales pour la partie du revenu professionnel (si statut travailleur indépendant) ou de la rémunération (si statut salarié) qui n’excède pas 120% du SMIC.
| Statut travailleur indépendant | Statut salarié | |
| Cotisations concernées par l’exonération pour la partie du revenu n’excédant pas 120% du SMIC | Cotisations d’allocations familiales, d’assurance maladie, maternité, retraite obligatoire, invalidité et décès | Les cotisations patronales et salariales de Sécurité sociale (sauf celles indiquées ci-dessous) |
| Cotisations restant dues | Les cotisations évoquées ci-dessus sur la partie du revenu professionnel excédant 120% du SMIC, La contribution à la formation professionnelle. | Les cotisations évoquées ci-dessus pour la partie de la rémunération excédant 120% du SMIC, Les cotisations d’accident du travail et de maladie professionnelle La contribution solidarité autonomie, La contribution au FNAL, La CSG et la CRDS, Le versement transport. |
Créations et reprises d'entreprises depuis le 1er janvier 2017
Depuis le 1er janvier 2017, les modalités de plafonnement des exonérations en fonction du revenu professionnel sont modifiées. L'exonération est maintenue sur une durée de 12 mois.
Extrait urssaf.fr pour 2025
Le montant de l'exonération dépend du montant de vos revenus annuels :
- l’exonération est totale si vos revenus sont inférieurs ou égaux à 35 325 € (75 % du plafond annuel de la Sécurité sociale) ;
- l’exonération devient dégressive si vos revenus sont supérieurs à 35 325 € et inférieurs ou égaux à 47 100 € ;
- l'exonération n’est pas applicable lorsque vos revenus sont supérieurs à 47 100 € (une fois le plafond annuel de la Sécurité sociale).
La déclaration ACRE
Depuis le 1er janvier 2019, il n'y a pas de demande à effectuer pour bénéficier de l'ACRE.
Selon le site de l'URSSAF, des vérifications à postériori sont susceptibles d'être effectuées, par demande écrite ou dans le cadre d'une procédure de contrôle.
Exonération ACRE et statut micro-entrepreneur depuis le 1er janvier 2020
Le décret n°2019-1215 du 20 novembre 2019 vient modifier les dispositions concernant le début d’activité des créateurs et repreneurs relevant du micro-social. À Compter du 1er janvier 2020, les réductions de cotisations sociales seront limitées à 12 mois seulement. Le taux de cotisation sociale sur cette période sera limité à 50%.
Des dispositions transitoires sont prévues pour les travailleurs indépendants ayant débuté leur activité avant le 1er janvier 2020.
Extrait article 2 décret n°2019-1215 du 20 novembre 2019
I. Les dispositions du présent décret sont applicables aux cotisations et contributions sociales dues au titre des périodes d'activité courant à compter du 1er janvier 2020.
II. - Les dispositions de l'article D. 131-6-2 du code de la sécurité socialedans leur rédaction antérieure au présent décret restent applicables aux cotisations et contributions de sécurité sociale dues par les travailleurs indépendants ayant débuté leur activité avant le 1er janvier 2020.
III. - Par dérogation au I, pour les travailleurs indépendants ayant débuté leur activité avant le 1er janvier 2020 :
1° La fraction des taux mentionnée au a, au b ou au c de l'article D.131-6-3 dans sa rédaction antérieure au présent décret reste applicable, le cas échéant, jusqu'au terme de la période mentionnée à ces mêmes alinéas ;
2° La fraction des taux applicable, le cas échéant, au titre des périodes d'activité suivantes est fixée à 75 % pour les quatre trimestres civils suivant la période prévue au a du même article, puis à 90 % pour les quatre trimestres civils suivants.
En outre, la loi de finances pour 2020 limite désormais le bénéfice de l’ACRE aux demandeurs d’emploi créateurs ou repreneurs d’activité sous le statut microentrepreneur (autoentrepreneur), soit un retour à la situation avant le 1er janvier 2019.
Le dispositif Nacre
L'exonération ACCRE s'accompagne souvent du dispositif NACRE (nouvel accompagnement pour la création et la reprise d'entreprise). Il permet à des personnes sans emploi ou rencontrant des difficultés d'insertion durable dans l'emploi de créer ou reprendre une entreprise en bénéficiant d'un accompagnement sur plusieurs années.
Le dispositif comprend trois étapes :
- 1ère étape : l'aide au montage du projet,
- 2ème étape : aide à la structuration financière grâce notamment au prêt d'honneur à taux zéro,
- 3ème étape : accompagnement du démarrage et du développement de l'entreprise pendant 3 ans.
Le maintien de l'ARE ou le bénéfice de l'ARCE
En plus de l'exonération de cotisations sociales (ACCRE), le demandeur d'emploi qui créée ou reprend une entreprise bénéficie :
- soit de l'ARCE (aide à la reprise ou à la création d'entreprise) : il s'agit d'une aide financière versée sous forme de capital,
- soit de l'ARE (aide de retour à l'emploi) : il correspond au maintien des allocations chômage pendant la création de l'entreprise.
Les deux aides ne sont pas cumulables.
| ARCE | Le bénéfice de l'ACCRE est indispensable pour bénéficier de l'ARCE. L'ARCE est égale à 45 % des droits à l'assurance chômage restant au porteur de projet. Pour les contrats de travail prenant fin à partir du 1er juillet 2023, le montant de l'Arce est égal à 60% du montant des droits. Elle est versée en 2 étapes
La demande doit être déposée auprès du Pôle emploi. |
| Maintien de l'ARE | Les demandeurs d'emploi bénéficiant de l'ARE et reprenant une activité non salariée peuvent cumuler en partie leur rémunération avec leurs allocations. Le créateur ou repreneur doit maintenir son inscription en tant que demandeur d'emploi dans sa déclaration mensuelle. Lorsque l'entreprise est créée, les allocations chômage sont alors calculées en déduisant 60 % des revenus mensuels issus de l'activité non salariée. |