La prime d'activité : un complément de revenus pour les actifs modestes
Versée par la CAF ou la MSA, la prime d'activité complète les revenus des salariés et travailleurs indépendants aux ressources modestes. Il faut avoir au moins 18 ans, résider en France de façon stable et exercer une activité professionnelle. Les étudiants et apprentis n'y ont droit que si leurs revenus atteignent environ 78 % du Smic net.
La prime est calculée tous les 3 mois à partir des ressources déclarées. Elle n'est pas imposable et n'est pas versée si son montant est inférieur à 15 € par mois.
Son montant suit une formule en quatre éléments. On additionne :
- un montant forfaitairequi dépend de la composition du foyer ;
- 59,85 % des revenus d'activité du foyer ;
- une bonification individuellepour chaque membre du foyer qui travaille.
- On retranche ensuite l'ensemble des ressources du foyer : salaires, prestations familiales, forfait logement.
Depuis le 1er avril 2026, le montant forfaitaire est de 638,28 € par mois pour une personne seule. La loi de finances pour 2026 a en outre relevé la bonification individuelle maximale de 184,27 € à 240,63 €, soit environ 50 € de plus par mois en moyenne pour près de 3 millions de ménages.
Un gel en 2027, sauf décret contraire
Normalement, le montant forfaitaire est revalorisé chaque 1er avril en fonction de l'inflation. L'article 74 supprime cette revalorisation pour 2027, tout comme celle des loyers pris en compte dans le calcul des APL. Un décret pourrait toutefois la rétablir.
Le gouvernement en attend 332 M€ d'économies sur la prime d'activité et 101 M€ sur les APL. Pour justifier le gel, il met en avant l'équité :
- les minima sociaux restent indexés : RSA, AAH, minimum vieillesse et ASS seraient revalorisés sur l'inflation ;
- la prime a beaucoup augmentée ces dernières années : +20 € en 2018, +90 € de bonification en 2019, puis +4,6 % en 2024, +1,7 % en 2025, +0,8 % en 2026 et la hausse moyenne de 50 € en 2026.
Une baisse réelle pour de nombreux bénéficiaires
Le gel ne réduit pas la prime d'un foyer dont les revenus restent identiques. Mais avec la formule de calcul, chaque euro de salaire supplémentaire réduit la prime d'environ 40 centimes, car seuls 59,85 % des revenus sont ajoutés alors que la totalité est retranchée. Habituellement, la revalorisation du montant forfaitaire compense cette baisse quand les salaires augmentent avec le Smic. En 2027, ce ne serait plus le cas.
Exemple : une personne seule dont le salaire net augmente de 25 € par mois en 2027, du fait de la revalorisation du Smic, verrait sa prime baisser d'environ 10 € par mois (25 € × 40 %), soit environ 120 € sur l'année. Avec une revalorisation normale de 1,7 %, le montant forfaitaire aurait progressé d'environ 11 €, ce qui aurait compensé cette baisse.
À cette perte s'ajoute l'effet de l'inflation sur le pouvoir d'achat, pour une prestation versée à environ 4,6 millions de foyers.