La taxe de séjour
Rédigé par Damien PEAN
Titulaire d'un DESCF (diplôme d'études supérieures comptables et financières, BAC+5), Damien Péan intervient depuis 15 ans en tant que formateur dans les domaines de la comptabilité, de la fiscalité, du contrôle de gestion et de l'analyse financière. Il s'adresse autant à des étudiants et à des publics non-initiés, qu'à des professionnels confirmés pour des formations courtes ou longues.
Il collabore en parallèle depuis 10 ans à l'écriture de nombreux articles et fiches pratiques et autres outils de gestion pour le site legifiscal.fr
Bibliographie
- Livre « Comprendre les comptes annuels » (Gereso, 5e édition, 2022)
Cadre juridique
Instituée sur délibération par une commune ou un EPCI, la taxe de séjour vise à financer des actions de promotion touristique, d’aménagement ou de protection des sites. Les collectivités fixent librement la période d’application, les tarifs par catégorie d’hébergement et, le cas échéant, un abattement sur la capacité d’accueil (entre 10% et 80%).
Le recouvrement repose sur le professionnel de l’hébergement (hôtelier, propriétaire, plateforme de réservation), qui collecte la taxe auprès du client et la reverse à la collectivité. La facture doit impérativement mentionner le montant de la taxe en sus du prix de la nuitée.
Modalités de liquidation : régime au réel ou au forfait
Deux modes de perception coexistent. En régime au réel, la taxe est calculée par personne majeure et par nuitée, selon le classement de l’hébergement (palace, 5*, 4*, camping, etc.). Des exonérations légales s’appliquent (mineurs, salariés saisonniers de la commune, hébergements d’urgence, loyers inférieurs à un seuil fixé par la commune).
En régime au forfait, l’assiette est la capacité d’accueil de l’établissement, multipliée par le tarif applicable et par le nombre de nuitées de la période de perception, après application éventuelle de l’abattement. Le coût peut être répercuté dans le prix de la chambre, sous la mention « taxe de séjour forfaitairement comprise ». Pour les hébergements sans classement, le tarif est compris entre 1% et 5% du prix de la nuitée, avec un plafond régional.
Tarifs 2026
Le barème national est revalorisé chaque année ; pour 2026, l’indexation retenue est de 1,8%. Les tarifs communautaires varient fortement selon les territoires, mais les ordres de grandeur sont désormais bien identifiés : la part communale s’échelonne de 0,20 € (camping 1–2 étoiles) à 4,90 € (palace), tandis que le total toutes taxes comprises atteint jusqu’à 15,93 € par personne et par nuit dans les zones soumises à la majoration régionale.
En Île-de-France, une taxe additionnelle régionale de 200% au profit d’Île-de-France Mobilités s’applique depuis 2025, portant le poids de la fiscalité touristique à des niveaux significatifs. À Paris, par exemple, un palace acquitte 15,93 € au total (dont 9,80 € de majoration régionale), contre 4,90 € de part communale.
À l’échelle nationale, les recettes de taxe de séjour représentent plusieurs centaines de millions d’euros annuels et constituent, pour certaines communes touristiques, une ressource structurante du budget de fonctionnement affecté au tourisme.
Une vidéo de présentation pédagogique de la taxe de séjour est disponible sur le site du ministère de l’Économie : https://www.economie.gouv.fr/particuliers/voyager-et-se-deplacer/tourisme-comment-fonctionne-la-taxe-de-sejour