Un impôt net en progression
En 2025, l’impôt brut sur le bénéfice de l’ensemble des entreprises atteint 83,7 milliards €, soit une hausse de 2,5% par rapport à 2024. Après prise en compte des réductions et crédits d’impôt utilisés, pour un montant de près de 13 milliards d’euros, l’impôt net s’établit à environ 70,7 milliards d’euros.
C’est cet impôt net qui progresse de 4%. L’indicateur regroupe principalement l’impôt sur les sociétés et l’impôt sur le revenu acquitté au titre des bénéfices professionnels. Il ne s’agit donc pas uniquement des recettes d’IS versées par les grandes entreprises.
L’étude de la DGFiP souligne par ailleurs d’importantes différences selon les secteurs d’activité et les régimes d’imposition. Les résultats ne traduisent donc pas une évolution homogène de la situation de toutes les entreprises.
Une hausse portée par la contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises
La progression de 4% de l’impôt net sur le bénéfice ne reflète pas une amélioration générale de la rentabilité des entreprises. Elle s’explique en grande partie par l’entrée en vigueur, en 2025, de la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises (CEBGE), instituée par la loi de finances pour 2025.
Cette surtaxe vise les redevables de l’IS dont le chiffre d’affaires dépasse 1 milliard d’euros. Son taux est fixé à 20,6% pour les entreprises dont le CA est inférieur à 3 milliards d’euros, et à 41,2% au-delà de ce seuil.
Selon les données de la DGFiP, la CEBGE a rapporté 7,5 milliards d’euros au titre de l’exercice 2025. Rapportée aux 70,7 milliards d’euros d’impôt net sur le bénéfice, cette contribution représente plus du quart de la hausse observée par rapport à 2024. Autrement dit, sans cette mesure, la progression des recettes d’impôt sur le bénéfice aurait été nettement plus modeste, voire proche de zéro en termes réels.
Un rebond concentré sur le secteur financier
L’étude met également en évidence une forte hétérogénéité sectorielle. Le rebond des recettes d’impôt sur le bénéfice est presque exclusivement imputable au secteur des activités financières et d’assurance, dont le résultat fiscal croît de +146,2% en 2025.
À l’inverse, dans presque tous les autres secteurs, le résultat fiscal est en forte baisse, avec une diminution moyenne de, 11,1%. Cette divergence illustre que la hausse globale de 4% des recettes d’impôt sur le bénéfice masque en réalité une détérioration de la situation fiscale de la majorité des entreprises hors secteur financier.
Cette publication intervient alors que le gouvernement prépare le projet de loi de finances pour 2027. Initialement annoncé pour le 30 septembre, le texte doit finalement être présenté jeudi 1er octobre.