Un déficit encore très élevé
En 2025, le déficit public s’est établi à 152,5 Md€, soit 5,1% du PIB, contre 5,8% en 2024. La Cour relève que cette amélioration tient surtout aux hausses d’impôts, alors que les dépenses publiques ont encore progressé plus vite que l’activité.
Le niveau reste donc très éloigné d’un solde compatible avec la stabilisation de la dette. Pour la Cour, il faudrait encore réduire le déficit de 3 points de PIB, soit 89,6 Md€, pour enrayer la hausse de l’endettement.
Une dette à un sommet historique
La charge de la dette a atteint 65,7 Md€ en 2025, et la dette publique est montée à 3 460,5 Md€, soit 115,7% du PIB. La Cour insiste sur le fait que ce ratio dépasse désormais le pic observé en 2020, au plus fort de la crise sanitaire.
Ce constat pèse directement sur la préparation budgétaire à venir. Plus les taux d’intérêt restent élevés, plus la marge de manœuvre se réduit pour financer les politiques publiques sans creuser le déficit.
Cap 2027 sous tension
Pour 2026, le Gouvernement maintient un objectif de déficit à 5,0% du PIB, mais la Cour juge cette cible fragile en raison d’une croissance atone, d’un risque inflationniste et d’hypothèses de rendement incertaines sur plusieurs mesures fiscales. Elle souligne aussi que la hausse attendue des prélèvements obligatoires à 44,1 points de PIB éloignerait encore la France de la moyenne de la zone euro.
Surtout, la Cour alerte sur l’absence de nouvelle trajectoire pluriannuelle au-delà de 2026. À défaut d’un cadrage crédible, le retour sous 3% du PIB en 2029 paraît hors d’atteinte, alors qu’il conditionne la crédibilité du redressement avant le PLF 2027 (projet de loi de finances pour 2027).
Une consolidation à crédibiliser
Le rapport plaide pour une consolidation budgétaire fondée davantage sur la maîtrise de la dépense que sur l’empilement de prélèvements supplémentaires. La Cour rappelle qu’après 37 Md€ de hausses d’impôts en 2025 et 2026, l’ajustement exigera des économies durables, notamment sur la dépense primaire.
Son message aux décideurs publics est clair : sans trajectoire lisible, la France risque de prolonger l’effet de cliquet sur les dépenses et de repousser encore l’atterrissage budgétaire. Le rapport appelle donc à inscrire dès maintenant le PLF 2027 dans une stratégie cohérente de retour vers un déficit inférieur à 3% du PIB.
Source : https://www.ccomptes.fr/fr/publications/la-situation-et-les-perspectives-des-finances-publiques-17