La récupération de la TVA sur les véhicules et les frais de carburant
Le saviez-vous ?
Chaque année, les entreprises laissent échapper plus de 40 % de la TVA liée aux notes de frais, faute de l’avoir correctement récupérée. Or, certaines dépenses sont bel et bien éligibles et peuvent devenir un vrai levier d’économies. Dans ce tableau récapitulatif de notre partenaire Lucca, retrouvez les frais concernés ainsi que leurs conditions de récupération.
Récupération de la TVA : les conditions de fonds et de forme
Tout d’abord, il est nécessaire de rappeler, avant même de se poser la question des véhicules et du carburant, que la possibilité pour un professionnel de récupérer la TVA n’est pas totalement automatique. Des conditions de fonds et de forme doivent être en amont respectées.
Les conditions de fonds :
- Les dépenses doivent être affectées aux besoins de l’exploitation : les dépenses personnelles ne peuvent ainsi faire l’objet d’une récupération de TVA et la TVA sur les dépenses mixtes (à la fois professionnelles et personnelles) ne sont déductibles qu’en proportion de l’usage professionnel.
- Les dépenses doivent concerner des opérations imposables à la TVA : si les dépenses concernent une activité dont les ventes ne font pas l’objet d’une facturation avec de la TVA (cas des médecins, des auto-entrepreneurs, etc.), la TVA sur les dépenses correspondantes ne pourra pas être récupérée.
- Ne pas faire l’objet d’une exclusion du droit à déduction : le code général des impôts dresse la liste des dépenses exclues (les véhicules de tourisme sont ainsi concernés)
La condition de forme du droit à la récupération de la TVA réside dans la conservation d’une pièce justificative, la facture. Cette dernière doit contenir un certain nombre de mentions obligatoires (identification des parties, des biens ou prestations, la date, total, HT, taux et montant de la TVA, etc.).
La TVA sur les véhicules de transport
Le 6° du 2 du IV de l’article 206 annexe II du CGI exclut du droit à déduction de la TVA, l’acquisition, la location et les frais d’entretien des véhicules de tourisme (ou voitures particulières). Aucune récupération de TVA ne peut ainsi être réalisée sur l’achat ou la location d’un véhicule avec des places à l’arrière.
Tous les frais d’entretien correspondant (vidange, pneus, etc.) sont également exclus de la déduction de TVA.
Des exceptions sont néanmoins prévues pour certaines activités, pour lesquelles la TVA pourra être déduite (activité d’enseignement de la conduite, véhicules destinés à être revendus en l’état ou à être donnés en location, ou affectés à la réalisation de transport public de voyageurs).
L’exclusion concerne également d’autres véhicules comme les motos et vélos, quel que soit l’activité exercée.
Les véhicules utilitaires peuvent en revanche faire l’objet d’une déduction de TVA (camion, fourgonnettes, etc.). De même, il est possible de transformer un véhicule de tourisme en véhicule utilitaire en supprimant les banquettes et sièges à l’arrière. Une déclaration modificatrice du certificat d’immatriculation (carte grise) est alors nécessaire.
Le cas particulier de la mise à disposition permanente à un employé
Le rescrit BOI-RES-TVA-000161 du 30 avril 2025 permet dans certaines conditions de récupérer la TVA sur les véhicules de tourisme.
Conformément à l’article 256, I du CGI, une opération est soumise à la TVA si elle est réalisée à titre onéreux par un assujetti agissant en tant que tel. L’administration rappelle que la mise à disposition d’un véhicule au profit d’un salarié constitue une prestation de services imposable à la TVA lorsqu’elle donne lieu à une contrepartie, qu’elle soit monétaire ou prélevée sur le salaire.
Peu importe que cette contrepartie soit inférieure à la valeur de marché ou qu’elle soit forfaitaire : dès lors qu’il existe un lien direct entre la prestation et la somme versée, la TVA est due. Il en va ainsi, par exemple, d’un prélèvement régulier sur la fiche de paie du salarié pour l’usage d’un véhicule de société à titre personnel.
Le rescrit publié le 30 avril précise également que la TVA est applicable lorsque le salarié bénéficie d’un véhicule en contrepartie d’un prélèvement sur son salaire brut ou net. En effet, le salarié renonce dans ce cas à une fraction de sa rémunération en argent en échange d’un avantage individualisé, à savoir la mise à disposition du véhicule.
Si l’opération est imposable à la TVA, l’entreprise peut, en principe, déduire la taxe ayant grevé les dépenses liées au véhicule.
La récupération de la TVA sur les carburants
Les règles de récupération de la TVA sur les carburants (prévues au 8° du 2 du IV de l'article 206 annexe II du CGI) ne sont pas uniformes. Elles dépendent du type de véhicule (véhicule utilitaire ou véhicule de tourisme), du type de carburant (gazole, essence, électricité, etc.) et même pour la période actuelle, de l’année d’achat du carburant.
Gazole, électricité et GPL
Actuellement, trois situations permettent une déduction à 100% de l’achat de carburant pour un véhicule acquis ou loué à titre professionnel pour une activité imposable à la TVA :
- L’achat de gazole pour un véhicule utilitaire
- L’achat de GPL (gaz de pétrole liquéfié) ou de GNV (gaz naturel pour véhicules) pour les véhicules de tourisme ou les utilitaires
- L’achat d’électricité pour les véhicules électriques pour les véhicules de tourisme ou les utilitaires.
La TVA relatives aux dépenses de gazole sur un véhicule de tourisme obéit à une règle très spécifique ; elle ne peut être récupérée qu’à hauteur de 80%. Les 20% restant ne peuvent être portées en déduction sur la déclaration de TVA et sont enregistrées dans la comptabilité en charge.
On peut ainsi synthétiser ces règles dans le tableau ci-dessous :
| Carburants | Véhicules de tourisme | Véhicules utilitaires |
| Gazole et superéthanol E85 | 80% | 100% |
| GPL et GNV | 100% | 100% |
| Électricité (véhicules électriques) | 100% | 100% |
Essence
Jusqu’au 31 décembre 2016, l’essence ne pouvait faire l’objet d’aucune récupération de TVA, que cela soit pour un véhicule utilitaire ou pour un véhicule de tourisme. Le gazole était (et est encore) favorisé par rapport à l’essence.
Afin de rétablir une égalité entre ces deux carburants, l’article 31 de la loi de finances pour 2017 a prévu un alignement sur 5 ans du régime de récupération de la TVA de l’essence sur celui du gazole.
L’alignement de la fiscalité en matière de TVA sera total à partir 2022. Le Gouvernement a notamment justifié cet étalement par la nécessité de laisser du temps aux constructeurs automobiles de s’adapter.
Dès 2017, les entreprises ont pu déduire 10% du montant de la TVA sur leurs dépenses d’essence pour un véhicule de tourisme (mais toujours 0% pour les utilitaires). Depuis 2022, les règles de récupération de la TVA sont totalement alignées pour l'essence et le gazole.
| Achat d’essence | Véhicules de tourisme | Véhicules utilitaires |
| Jusqu’en 2016 | 0% | 0% |
| 2017 | 10% | 0% |
| 2018 | 20% | 20% |
| 2019 | 40% | 40% |
| 2020 | 60% | 60% |
| 2021 | 80% | 80% |
| Depuis 2022 | 80% | 100% |