Un record qui s’installe
Le constat est sévère : depuis le début de l’année, le nombre de procédures collectives ouvertes continue de progresser, avec 5.767 redressements judiciaires (+13,6%) et 12.836 liquidations judiciaires directes (+3,6%). Les sauvegardes restent marginales, à 383 ouvertures, soit seulement 2% des procédures recensées.
Altares souligne aussi l’ampleur de l’impact social : 75.350 emplois sont menacés, un plus haut depuis la crise de 2009. L’étude met en avant une sinistralité désormais durable, portée par des difficultés de trésorerie et par un recours encore limité aux procédures préventives.
Les petites structures en première ligne
Les microentreprises de moins de trois salariés concentrent l’essentiel des défauts, avec 14.311 défaillances, soit 75% du total. Plus de sept sur dix se sont soldées par une liquidation judiciaire immédiate, ce qui confirme la fragilité des plus petites structures face au durcissement de l’environnement économique.
À l’inverse, les TPE de 3 à 9 salariés résistent mieux, avec 3.272 défaillances en recul de 6,7%, et les PME de 10 à 19 salariés affichent même une amélioration de 12,1%. En revanche, les PME de 20 à 99 salariés se dégradent nettement, avec 519 défauts, en hausse de 12,1%.
Des secteurs très contrastés
La construction donne un signal plus nuancé : le secteur est globalement stable, à +1,7%, mais le gros œuvre recule de 9% tandis que le second œuvre progresse de 9,8%. Dans le commerce, les défaillances repartent à la hausse, notamment dans la vente hors magasin, en particulier chez les e-commerçants.
La restauration se stabilise presque, avec un léger repli de 0,4%, mais l’hébergement se détériore fortement à +27,3%. Les services aux entreprises (+11,7%) et le transport-logistique (+12,9%) subissent eux aussi une nette aggravation, tandis que l’agriculture reste particulièrement exposée, surtout la viticulture.
Des écarts régionaux marqués
Les situations régionales sont très contrastées. La Corse, la Normandie et les Pays de la Loire ressortent en amélioration, alors que la Bourgogne-Franche-Comté, la Nouvelle-Aquitaine et le Centre-Val de Loire enregistrent les plus fortes hausses de défaillances d’entreprises.
En Auvergne-Rhône-Alpes, la hausse atteint 8,1%, tandis que l’Île-de-France progresse de 5,8%. La Guyane se distingue par une flambée très forte, même si les volumes restent réduits.
La tonalité générale est donc celle d’un niveau de défaillances historiquement élevé, avec des fragilités persistantes chez les très petites entreprises et dans plusieurs secteurs de services.
Source : https://www.altares.com/fr/statistiques-defaillance-entreprises-france/t1-2026/