Groupes côtés en France : baisse des marges à cause de la fiscalité

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Selon un rapport présenté dans la lettre de Vernimmen, les grands groupes côtés en France ont vu leur marge baisser entre 2012 et 2015. La déflation dans certains secteurs et ...

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Selon un rapport présenté dans la lettre de Vernimmen, les grands groupes côtés en France ont vu leur marge baisser entre 2012 et 2015. La déflation dans certains secteurs et la fiscalité expliquent notamment ces résultats.

France SA : Un groupe diversifié mais dont la marge baisse

Le livre "Finance d'entreprise" de Pierre Vernimmen est une référence dans le monde de l'édition financière. Edité chaque année, il est désormais coécrit par Pascal Quiry et Yann Le Fur.  En complément, la lettre Vernimmen.net est également disponible sur le site internet tous les mois.

La lettre n°140 de juillet 2016 évoque la marge d'exploitation des 217 groupes cotés dont le siège est situé en France. Les chiffres de ces entreprises ont été additionnés afin d'obtenir les comptes annuels de la société fictive "France SA". Ce groupe fictif a réalisé en 2015 un chiffre d'affaires de 1.513 milliards € pour un bénéfice de 53 milliards €. Le premier point positif réside dans le caractère diversifié des sociétés composant l'étude, ce qui permet une meilleure répartition des risques de l'économie française. Ainsi, le secteur de la distribution représente 18% du chiffre d'affaires, 13% pour les services aux collectivités, 11% pour l'automobile, 10% pour la construction et matériaux, 10% pour les biens et services industriels et 10% pour le pétrole et le gaz.

Le chiffre d’affaires a connu une très forte croissance en 2011 et 2012 (+6% par an) mais cette hausse est due à un effet de rattrapage suite à la crise financière de 2008 - 2009. Depuis 2013, les ventes diminuent (-2% entre 2013 et 2014 et -0,7% entre 2014 et 2015). Certains secteurs ont subi en effet sur cette période un mouvement de déflation comme l'énergie (-9% sur la période 2012-2015) et les médias et télécoms (-3%).  

L'évolution du taux de marge est encore plus inquiétante qu'il s'agisse du taux de marge d'exploitation ou de la marge d'EBE (excédent brut d'exploitation). Le taux de marge d'EBE est ainsi passé de 15,6% en 2010 à 13,7% en 2015, alors que sur la même période, les groupes européens affichaient un taux moyen autour de 18%.

Les raisons de cette baisse de marge

Pour comprendre les raisons de ces mauvais chiffres, le quotidien "Les Echos" (édition du 29 juin) a interviewé Pascal Quiry, coauteur du Vernimmen, et professeur à HEC.

A la question "Y a-t-il un vrai retard (de la France) par rapport à l'Europe ?" Pascal Quiry met en avant l'argument de la pression fiscale qui est plus importante sur les sociétés françaises que pour leurs homologues européens.

Extrait interview Pascal Quiry (Les Echos, 29 juin 2016)

Depuis des dizaines d'années, elles supportent un taux d'imposition et de prélèvements sociaux plus élevé que ceux des autres pays européens. Il n'y a pas de miracle, cela ronge petit à petit leurs marges. Prenez une grande entreprise qui se voit imposer à 38 % sur ses bénéfices contre 20 % en Grande Bretagne, pas pendant un an ou deux, mais pendant des années, cela creuse inévitablement l'écart. Le temps est insidieux et cela finit par se voir nettement sur les comptes des entreprises. La question au final est de savoir si ce niveau de prélèvement est la contrepartie de meilleurs services. L'Education nationale par exemple est-elle plus efficace ? Pas vraiment si l'on en croit les rapports de l'OCDE.

[...]L'investissement dépend beaucoup des perspectives en termes de demande, or, elles ne sont pas exceptionnelles. Et comme les capacités d'autofinancement sont mangées par la pression fiscale et les prélèvements obligatoires plus élevés... Cela n'incite pas les entreprises à investir.

Selon le dernier classement de l'OCDE (décembre 2015), la France se situait en 2ème position en matière de prélèvements obligatoires avec un taux de 45,2% du PIB. Elle est juste devancée par le Danemark (50,9%).

Le coauteur du Vernimmen termine son interview malgré tout sur une note optimiste. Il souligne que les grands groupes français sont dans l'ensemble sains au niveau financier. Ils sont en moyenne, peu endettés, ce qui leur permet de verser des dividendes, ces sommes pouvant servir ensuite à financer d'autres entreprises.

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